
Alexandre Ier de Yougoslavie : 1888-1934 : l'unification inachevée
N'être connu, en France, que pour avoir été assassiné, telle est la triste postérité d'Alexandre Ier de Yougoslavie. Ce souverain, né en 1888 au Monténégro, est membre de la dynastie serbe des Karageorges. En 1914, il devient régent du royaume de Serbie, quelques jours seulement avant que n'éclate la Première Guerre mondiale et que la violence ne déferle sur l'ensemble de l'Europe. Tout au long de son règne, qui s'ouvre en août 1921 à la mort de son père Pierre Ier, Alexandre, soutenu par la France, fait montre d'une volonté d'unification inébranlable - il joue un rôle crucial dans la création du royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, qui devient en 1929 le royaume de Yougoslavie - et bâtit une oeuvre politique majeure (construction étatique, empreinte unificatrice, legs architectural et artistique) aujourd'hui toujours visible. Cependant, pour étouffer les tensions croato-serbes qu'il sent sourdre et afin de parvenir à forger une identité nationale yougoslave, il instaure une politique autoritaire. Partant, les failles se creusent, la colère gronde et déchire le royaume, menant ce roi énigmatique au tombeau : le 9 octobre 1934, Alexandre est tué à Marseille, où il venait de débarquer pour une visite officielle en France, sous les balles de nationalistes croates et macédoniens.
Qui était donc cette figure mystérieuse, qui a laissé dans son sillage un souvenir doux-amer ? C'est ce manque dans la mémoire collective que Rémy Queney, qui a puisé aux meilleures sources, comble avec maestria d'une plume alerte et instructive.
(sous réserve de confirmation)
Largeur : 14.0 cm
Epaisseur : 3.3 cm